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Le Moulin à EAU est une installation destinée à utiliser l'énergie mécanique produite par le courant d'un cours d'eau qui est amenée au moulin par un bief. Le moulin à eau, attesté en Europe depuis le moyen-âge, est plus ancien que le moulin à vent. Comme ce dernier, il a été supplanté au XIXe siècle par l'arrivée de la machine à vapeur, puis par le moteur électrique. Tertron à échappé aux mutations technologiques , c’est ce qui permet de le trouver aujourd’hui dans l’état de fonctionnement mécanique typique d’un moulin à eau du moyen-âge.

La Situation GEOGRAPHIQUE : Le moulin de Tertron est situé en terre bretonne. Sur la commune de Nouvoitou, à quinze kilomètres au sud de Rennes et sur les bords de la Seiche, une rivière de seconde catégorie qui va se jeter dans la Vilaine. C’est une propriété privée. L’histoire de ce moulin à eau  s’étale sur environ trois cent ans. Les différents clichés, cartes postales et commentaires présents sur ces pages ont seulement pour objectif le présenter sommairement sans aucune prétention.

ARCHIVES : On trouve, aux archives départementales d’Ille et Vilaine un certain nombre de documents, notamment un procès verbal de visite établi en juin 1776 lors de la vérification officielle des nouvelles installations hydrauliques du moulin. Rédigé par les hommes de loi du baron de Châteaugiron, alors propriétaire du moulin, il fait état des dernières dispositions prises quant à la longueur et la hauteur des pêcheries et des différents déversoirs. Cette date de 1776 se retrouve inscrite sur une pierre de soubassement du bâtiment et est encore visible aujourd’hui.

MOUDRE : C’est la fonction première du moulin. Le seigle, le blé, l’ orge, l’avoine ou encore le blé noir (sarrasin) arrivent du deuxième étage du moulin pour être écrasés au premier étage par les meules. La farine produite est ensuite dirigée vers des sacs en toile de jute au rez de chaussé. La force de l’eau permet également, par un système de courroies, d’entraîner différents outils dont la baratte, de lever les sacs de céréales, ou de faire tourner la meuleuse et même de produire de l’électricité pendant une courte période.

Le Moulin de TERTRON peut être considéré comme un témoin capital pour établir l’histoire des moulins et leurs technologies. Ses caractéristiques architecturales, son mécanisme de mouture, son système de vannage partage nombre de traits avec les moulins hydrauliques anciens, tel le moulin fictif présenté dans l’encyclopédie de Diderot qu’il faut concevoir comme l’exemple type des moulins les plus répandus de l’époque (…). Eric MORIN  conservateur au musée de Bretagne ( L’eau source d’industrie – 1990 - Ecomusée de la Bintinais )

 

  

 

HISTOIRES de MEUNIERS : Certaines fois, le meunier n'entendait pas la clochette quand elle sonnait pour dire qu'il restait à peine de grain dans la trémie. Les Meules continuaient à tourner à vide et elles se raclaient l'une contre l'autre. Une meule qui tournait sans grain s'usait davantage en une minute que si elle avait écrasé vingt ou trente sacs de blé. Un bon meunier tenait ses meules bien brossées, balayées, propres. Surtout dans les petits moulins, où on avait rien qu'un couple de meules. Forcément, elles servaient pour n'importe quoi. Alors, chaque fois que le meunier changeait de grain, mettons qu'il passait de l'avoine au blé, il lui fallait lever la meule et la nettoyer.

Surtout on sentait la meule... qui n'était pas contente quand un gravillon restait coincé. Elle ne tournait pas rond, elle sautait, elle était déséquilibrée. Certains paysans passaient le blé au crible avant de nous l'apporter. Là, on était tranquille. Quand la meule restait coincée, il fallait la soulever et dégager ce qui gênait. Cela nous contrariait parce que la meule se rayait, elle s'esquintait. Surtout si elle était en granit. Le silex est plus dur. Une meule en silex, elle fera plus de cent ans en tournant nuit et jour. Le granit s'use plus vite, il est plus tendre. La meule en silex servait pour le blé, uniquement, parce qu'elle faisait la farine plus fine. La meule en granit n'allait pas si bien, c'était bon pour le maïs, l'orge, l'avoine, les fèves. On ne sait pas l'importance des pierres...

Quand la meule était usée, la farine perdait le velouté et on disait: la meule commence d'être lasse. En plus, il y avait moins de farine qui tombait et le meunier y perdait. Il devait piquer la meule pour refaire le rugueux de la surface, le mordant. Il fallait faire des petits trous qui se touchaient presque, des dents pour briser le grain. On piquait millimètre par millimètre, avec un outil exprès, la maillette... qu'on appelait le marteau-piqueur: un manche avec une tête à deux pointes: des pointes carrées, en acier fondu spécial, rien à voir avec les pointes de charpentier. Dans le temps, les meuniers piquaient les meules tous les mois et même deux fois par mois. Sur leurs mains on ne voyait presque plus la chair.    

 

Le Moulin des KORRIGANS est immense, la meule de pierre avait été taillée par les nains en des âges oubliés dans une montagne entière.Il aurait fallu trois jours à un humain pour en faire le tour en courant.Au sommet du moulin, des files ininterrompues de petits êtres étranges apportaient des sacs de grains et les vidaient par les multiples ouvertures. Certains avaient de très grands yeux, d'autres de très grandes oreilles, d'autres de très grands nez, d'autres de très grandes bouches et d'autres encore de très grandes mains... Et tous, très affairés, faisaient couler les grains vers la gigantesque meule de pierre en un flot ininterrompu, de jour et de nuit... Mais à mi-chemin, un voleur très malin et très ingénieux détournait toutes ces récoltes à son profit. Oh, il n'en faisait rien, il se contentait d'accumuler et d'accumuler encore. La qualité ne l'intéressait pas, il ne se préoccupait que de quantité... Les petits êtres étranges étaient inconscients de ce voleur et continuaient leur travail sans jamais se lasser... Mais parfois, rarement, un seul grain échappait au voleur et tombait là bas tout au fond, sur l'immense roue de pierre qui tournait, tournait sans jamais s'arrêter. Elle pouvait alors faire son travail sur ce minuscule grain et il était moulu...

Alors, un être humain, quelque part disait : « Oh ! Je viens d'avoir une intuition ! »

 

 
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